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ÉTATS-UNIS ET VENEZUELA : UNE LECTURE POLITICO-HÉGÉMONIQUE

Grille d’analyse utilisée

Sources

Invasion et sanctions forment un continuum hégémonique où force, droit et morale légitiment la domination américaine sous couvert d’ordre universel.

I. L’invasion américaine : logique, ressorts et profondeur structurelle

L’invasion américaine, qu’elle prenne la forme d’une intervention militaire directe ou d’une présence armée prolongée sous d’autres appellations, ne peut être comprise comme un simple événement ponctuel ou comme une réaction isolée à une crise locale. Elle s’inscrit dans une architecture stratégique de long terme, fondée sur la projection de puissance, la sécurisation d’espaces jugés vitaux et la préservation d’un ordre international favorable aux intérêts américains.

Historiquement, ces invasions se déploient dans des zones perçues comme instables, stratégiquement sensibles ou politiquement déviantes par rapport aux normes dominantes. La Caraïbe et l’Amérique latine occupent, à cet égard, une place particulière : elles sont construites comme un prolongement naturel de la sphère de sécurité américaine, héritage direct de la doctrine Monroe et de ses réactualisations successives. L’invasion y apparaît moins comme une rupture que comme une continuité, presque une routine géopolitique.

États-Unis et Vénézuéla – Une lecture politico-hégémonique

Sur le plan discursif, l’invasion est rarement nommée comme telle. Elle est requalifiée en intervention, opération de stabilisation, mission de sécurité ou action préventive. Ce glissement terminologique n’est pas accessoire : il permet de désamorcer la charge impériale du geste militaire. L’acte de guerre est présenté comme une réponse technique à une situation d’urgence, non comme l’imposition d’une volonté politique extérieure.

Cette logique repose sur une construction asymétrique des acteurs. Les États-Unis sont décrits comme un acteur rationnel, doté de capacités exceptionnelles de diagnostic et d’action, tandis que l’État ciblé est présenté comme déficient : incapable d’assurer sa propre sécurité, corrompu, autoritaire ou infiltré par des menaces transnationales. L’invasion devient alors une solution substitutive à une souveraineté jugée défaillante.

Il est crucial de souligner que la violence militaire, bien qu’elle soit réelle, est systématiquement encadrée moralement. Elle n’est jamais posée comme une fin en soi, mais comme un mal nécessaire, transitoire et orienté vers un horizon normatif supérieur : démocratie, stabilité, sécurité régionale. L’invasion américaine fonctionne ainsi comme un acte fondateur paradoxal : elle détruit au nom de la reconstruction, suspend la souveraineté au nom de sa future restauration.

Enfin, cette invasion ne vise pas uniquement le territoire ou le régime ciblé. Elle envoie un message systémique à l’ensemble de l’espace international : il existe des lignes à ne pas franchir, et leur transgression entraîne une réponse disproportionnée assumée comme légitime. L’invasion est donc aussi un acte pédagogique de puissance, destiné à discipliner l’environnement international.

II. Relecture de l’invasion à partir des sanctions extraterritoriales : une continuité hégémonique

Lorsque l’on relit l’invasion américaine à la lumière du texte sur les sanctions extraterritoriales, un déplacement fondamental apparaît. Il ne s’agit plus seulement de la force militaire, mais d’un continuum de domination, dont les sanctions constituent la version juridico-économique et l’invasion la version militarisée.

AxeSanctions extraterritorialesIntervention militaire
Modalité de dominationJuridico-normativeSécuritaire-militaire
Registre discursifTechnique, légal, procéduralMoral, stratégique, sécuritaire
Type de légitimationUniversalité du droitResponsabilité et stabilité
Invisibilisation du pouvoirForteMoyenne
Rapport à la violenceDiffuse, indirecteDirecte mais moralisée

Les sanctions extraterritoriales et l’invasion obéissent à une même logique hégémonique : imposer un comportement politique déterminé à un État cible en contournant les limites classiques de la souveraineté. La différence ne réside pas dans l’objectif, mais dans l’outil. Là où l’invasion mobilise les armes, les sanctions mobilisent le droit, la finance et l’accès aux marchés.

Dans le régime discursif politico-hégémonique, ces deux instruments sont présentés comme fondamentalement distincts, alors qu’ils sont structurellement complémentaires. L’invasion est justifiée par l’échec préalable des sanctions, tandis que les sanctions sont présentées comme une alternative plus civilisée à la guerre. Cette dialectique permet de naturaliser l’escalade : si la coercition douce échoue, la coercition dure devient légitime.

Le texte sur les sanctions extraterritoriales montre comment le droit est utilisé comme vecteur d’universalisation asymétrique. De la même manière, l’invasion militaire se présente comme l’application concrète de normes supposément universelles : respect de la démocratie, lutte contre le terrorisme, protection des populations. Dans les deux cas, l’hégémon s’arroge le droit de définir la norme et de sanctionner sa violation, y compris en dehors de tout mandat multilatéral pleinement contraignant.

Un point crucial réside dans l’effacement de la violence. Les sanctions invisibilisent leurs effets destructeurs derrière un langage technique ; l’invasion invisibilise sa dimension impériale derrière un langage moral. Le régime discursif est cohérent : il ne nie jamais la contrainte, mais la requalifie constamment en nécessité rationnelle ou éthique.

Enfin, l’articulation entre invasion et sanctions révèle la hiérarchisation implicite des souverainetés. Les États pleinement souverains ne subissent ni sanctions extraterritoriales ni invasions. Les autres, en revanche, sont soumis à une souveraineté conditionnelle, révisable à tout moment. Le régime politico-hégémonique ne supprime pas le principe de souveraineté ; il le recode comme privilège accordé sous condition de conformité.

III. Lecture synthétique : l’invasion comme sanction ultime

Dans cette perspective, l’invasion américaine apparaît comme la forme ultime de la sanction extraterritoriale. Elle intervient lorsque le droit, l’économie et la finance n’ont pas suffi à produire l’alignement attendu. Elle est la sanction qui ne dit pas son nom, car elle se présente comme restauration de l’ordre plutôt que comme punition.

Le régime discursif politico-hégémonique assure la cohérence de cet ensemble. Il permet de passer de la norme à la force, du droit à la guerre, sans jamais rompre le récit de légitimité. L’invasion n’est alors plus une anomalie du système international, mais l’un de ses mécanismes de régulation les plus visibles.

Si vous le souhaitez, je peux, dans un prochain temps, cartographier précisément cette continuité sous forme de schéma conceptuel, extraire les indices de détection rapide du régime politico-hégémonique, ou confronter cette logique à un régime discursif concurrent (anti-impérial, souverainiste ou humanitaro-compassionnel).


SOURCES

  • Intervention militaire des États-Unis en Caraïbe : réalités et conséquences au Venezuela, aux Amériques et au-delà :: Fondation pour la Recherche Stratégique
  • The Legality of Unilateral Extra-territorial Sanctions under International Law

GÉOPOLITIQUE

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© Laboratoire des discours contemporains, 2026

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À paraître le 15 janvier 2026

Cet essai n’est ni un pamphlet ni un manuel de décodage miracle. C’est une analyse pour tous qui propose de comprendre comment fonctionnent les grands régimes discursifs contemporains — écologistes, politiques, technoscientifiques, économiques, moraux, santé, etc. — et ce qu’ils font à notre manière de voir, de croire et de juger.

Sans dénoncer, sans moraliser, et avec une distance parfois légèrement ironique, ce petit traité de survie en temps de catastrophe invite à lire les discours avant de s’y soumettre, à reconnaître leurs formes avant d’adhérer à leurs conclusions, et à cultiver une lucidité praticable dans un monde qui parle beaucoup, très fort, et rarement à voix basse.

Un livre pour celles et ceux qui ne cherchent pas la vérité absolue, mais qui aimeraient, au minimum, ne pas confondre assurance discursive et réalité.

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