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DONALD TRUMP OU L’ART DE SE GRAVER DANS LA PIERRE ET L’HISTOIRE

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Le pouvoir ne se contente plus d’agir : Trump se célèbre, s’inscrit et se nomme, espérant que la pierre précède le jugement de l’histoire.

À Washington, les choses commencent parfois comme une boutade et se terminent en plaque commémorative. Le 19 décembre 2025, le nom de Donald Trump est apparu en lettres majuscules sur la façade du Kennedy Center, accolé à celui de John F. Kennedy. Sans vote du Congrès, sans véritable débat public, sans même la gêne rituelle qu’imposent d’ordinaire les institutions. Nietzsche y aurait vu une grandeur qui parle trop : ici, la reconnaissance ne vient plus après l’œuvre, elle la précède, la remplace et s’y substitue.

Dans la fraîcheur du matin, quelques ouvriers ont fixé les lettres comme on exécute une consigne parmi d’autres. Le geste était banal, presque administratif. Pourtant, il matérialisait une transformation plus profonde : celle d’un pouvoir qui ne se contente plus d’agir, mais qui se rend hommage à lui-même. Pascal y aurait reconnu un moi incapable de supporter son propre vide, contraint de s’inscrire sur les murs pour ne pas avoir à s’éprouver intérieurement.

Crédit photo : Mark Schiefelbein / AP

La décision avait été prise la veille par un conseil d’administration unanimement favorable, unanimité sans surprise, puisque ce conseil a été intégralement recomposé par Donald Trump dès le début de son second mandat. Le prétexte invoqué : sauver le Kennedy Center d’une contamination idéologique attribuée aux années Biden. L’argument est désormais familier, presque routinier. Mais la méthode, elle, interroge. Le Kennedy Center, baptisé par décision du Congrès en 1964, appartient symboliquement à la mémoire nationale. Toute modification de cette nature aurait dû passer par la même instance. Sénèque aurait parlé ici d’une faute contre la retenue : non pas un excès de pouvoir spectaculaire, mais une impatience révélatrice, l’incapacité de respecter les formes qui donnent à l’autorité sa tenue.

Donald Trump ou art de se graver dans la pierre et histoire

Depuis un an, le président fréquente assidûment ce lieu qu’il ignorait lors de son premier mandat. Il y a laissé son empreinte comme on marque un espace conquis : programmes annulés pour non-conformité idéologique, concerts déplacés, décorations modifiées selon ses préférences personnelles. Le Kennedy Center est progressivement devenu un décor politique, un prolongement intérieur de la Maison-Blanche. Schopenhauer y aurait vu un symptôme de vanité bruyante : quand le besoin d’occuper l’espace l’emporte sur la capacité à produire une valeur qui se suffit à elle-même.

L’épisode du tirage au sort de la Coupe du Monde en a fourni une illustration presque caricaturale. Une semaine entière d’occupation, des engagements artistiques annulés, un « prix de consolation » remis au président, et, en guise de finale, un YMCA interprété par ce qu’il reste des Village People. La culture, ici, ne résiste plus : elle accompagne, elle ponctue, elle applaudit. Elle sert de bande-son à la scène principale.

Les réactions du milieu artistique ont été prévisibles, mais révélatrices. Annulations volontaires, démissions de conseillers culturels, départs de compagnies prestigieuses vers d’autres salles de la ville. Le public, lui aussi, s’effrite discrètement. Moins d’abonnés, des salles plus faciles à remplir à la dernière minute, des offres promotionnelles plus fréquentes. Rien de dramatique, officiellement. Rien que des signaux faibles, cumulés. Mais dans une ville où l’on sait lire entre les lignes, ces absences parlent.

La communication de la Maison-Blanche, elle, ne doute de rien. La porte-parole salue le vote « unanime » d’un conseil composé de proches du pouvoir, sans expérience notable en gestion culturelle, et célèbre le travail « incroyable » du président pour avoir « sauvé » le bâtiment. Cioran, sans doute, y aurait vu un hommage qui s’annule par le simple fait d’être exigé : plus l’éloge est appuyé, plus il se vide de sens.

L’ironie finale tient à l’histoire même du lieu. Le Kennedy Center fut inauguré en 1971 par une œuvre de Leonard Bernstein commandée par Jacqueline Kennedy pour honorer la mémoire d’un président assassiné. Un lieu pensé pour la distance, la transmission, la durée. Aujourd’hui, il devient aussi un monument à la gloire d’un homme vivant, décrété par lui-même.

À Washington, désormais, l’histoire n’attend plus de juger : elle est convoquée, renommée et signée à l’avance, en lettres capitales, sur une façade bien éclairée.

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© Laboratoire d’analyse des discours contemporains + Pierre Fraser (PhD, linguiste et sociologue), 2025

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À paraître le 15 janvier 2026

Cet essai n’est ni un pamphlet ni un manuel de décodage miracle. C’est une analyse pour tous qui propose de comprendre comment fonctionnent les grands régimes discursifs contemporains — écologistes, politiques, technoscientifiques, économiques, moraux, santé, etc. — et ce qu’ils font à notre manière de voir, de croire et de juger.

Sans dénoncer, sans moraliser, et avec une distance parfois légèrement ironique, ce petit traité de survie en temps de catastrophe invite à lire les discours avant de s’y soumettre, à reconnaître leurs formes avant d’adhérer à leurs conclusions, et à cultiver une lucidité praticable dans un monde qui parle beaucoup, très fort, et rarement à voix basse.

Un livre pour celles et ceux qui ne cherchent pas la vérité absolue, mais qui aimeraient, au minimum, ne pas confondre assurance discursive et réalité.

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